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Choc chinois 2.0 : la douleur fantôme de l'industrie allemande et le prix de la complaisance
Le choc chinois 2.0 balaie aujourd'hui les marchés mondiaux des biens, et l'Allemagne en est la victime la plus vulnérable. L'automobile, la mécanique, la chimie et d'autres secteurs clés perdent du terrain à la fois en Chine, sur les marchés tiers et sur le sol allemand. À travers une analyse approfondie de trois mécanismes de la flambée des exportations chinoises — l'épargne élevée et la faiblesse de la demande intérieure, les subventions industrielles systématiques et un taux de change sous-évalué — cet article montre que le recul de la production industrielle allemande n'est pas une fluctuation conjoncturelle, mais un choc structurel de demande. L'Allemagne, qui se targue depuis longtemps d'être une économie à excédent commercial, refuse de regarder en face les racines du déséquilibre; le débat politique se focalise sur la bureaucratie et les prix de l'énergie, tout en ignorant qu'environ 40 % de l'écart de PIB provient des pertes subies sur les marchés d'exportation. La défense commerciale fragmentaire de l'UE ne peut empêcher l'excédent de la Chine vis-à-vis de l'Europe d'augmenter de 30 % par an. Si l'Allemagne et Bruxelles ne mettent pas rapidement en place un bouclier commercial plus robuste et une politique industrielle, le « Made in Germany » pourrait devenir une victime de la désindustrialisation, et le paysage de la concurrence mondiale dans la fabrication avancée s'en trouverait redessiné.
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